Dans les contextes thérapeutiques, le toucher est souvent décrit en termes d’application : pression, placement, technique, intention. Pourtant, cette manière de le concevoir passe discrètement à côté de sa fonction la plus essentielle — non pas comme un acte de faire, mais comme un acte d’écoute. De la même façon que les paroles, en séance, ne sont pas destinées à être corrigées ou gérées mais à être entendues, le corps, lui aussi, parle en continu. Par le tonus, le rythme, la température, la résistance, les micro-mouvements et l’immobilité, l’organisme communique son état. Le toucher, lorsqu’il est pratiqué avec maturité et sécurité, ne s’impose pas à cette communication ; il s’y ajuste. En ce sens, le toucher appartient à la même famille épistémologique que l’écoute thérapeutique. Il requiert retenue, curiosité et capacité à tolérer l’incertitude. Un thérapeute expérimenté ne se précipite pas pour interpréter les paroles d’un client. Il écoute ce qui est dit, ce qui est évité, ce qui...