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Articles

Affichage des articles du 2025

Le toucher comme forme d’écoute

Dans les contextes thérapeutiques, le toucher est souvent décrit en termes d’application : pression, placement, technique, intention. Pourtant, cette manière de le concevoir passe discrètement à côté de sa fonction la plus essentielle — non pas comme un acte de faire, mais comme un acte d’écoute. De la même façon que les paroles, en séance, ne sont pas destinées à être corrigées ou gérées mais à être entendues, le corps, lui aussi, parle en continu. Par le tonus, le rythme, la température, la résistance, les micro-mouvements et l’immobilité, l’organisme communique son état. Le toucher, lorsqu’il est pratiqué avec maturité et sécurité, ne s’impose pas à cette communication ; il s’y ajuste. En ce sens, le toucher appartient à la même famille épistémologique que l’écoute thérapeutique. Il requiert retenue, curiosité et capacité à tolérer l’incertitude. Un thérapeute expérimenté ne se précipite pas pour interpréter les paroles d’un client. Il écoute ce qui est dit, ce qui est évité, ce qui...

Les Contes de l'Indicible (extrait)

Je vous propose une retranscription d'une vidéo que j'adore de Jean-Baptiste Ponsot issue de son livre   Folle, cette révélation qu'il n'y a rien à faire Qu'on est déjà la plénitude elle même Qu'il n'y a que ça Et que c'est justement en voulant la saisir qu'elle disparaît Idée justement trop folle Trop simple Trop gratuite Et surtout trop libre Pour nos corps solides et méritants Pour notre vieille raison superstitieuse Terrorisée par la liberté Pourtant elle est là, la liberté Partout Elle constitue tout Elle est l'étoffe du monde Mais nous ne voulons pas la voir Sinon ce serait disparaître C'est Elle ou Nous Et nous nous sommes toujours préféré à la vie A tout d'ailleurs Pour être là Pour qu'on nous regarde Nous ne pouvons vivre que devant un miroir Sinon où irions nous, que ferions, que dirions nous ? Pourquoi monterions-nous l'échelle du devenir ? Nous le savons depuis toujours qu'elle ne va nulle part Et même si l'exp...

Femmes qui courent avec les loups #2

 Voici un résumé du chapitre 2 :  Barbe-Bleue : La vision intérieure et la protection de l’âme 🔹 Le conte : Barbe-Bleue Une jeune femme naïve épouse un homme riche et séduisant, Barbe-Bleue , malgré les avertissements de sa famille. Il lui confie les clés de toutes les pièces de son château, lui interdisant d’ouvrir la petite pièce du fond . Poussée par la curiosité, elle ouvre la porte et découvre des cadavres de ses précédentes épouses . Barbe-Bleue, furieux, menace de la tuer, mais la jeune femme gagne du temps jusqu’à ce que ses frères viennent la sauver. Barbe-Bleue est alors tué, et la femme retrouve sa liberté — désormais éveillée et consciente . 🔹 Sens symbolique du conte ⚖️ 1. Barbe-Bleue : le prédateur intérieur Barbe-Bleue représente une force psychique prédatrice , une partie destructrice de la psyché féminine.C’est l’archétype du prédateur de l’âme : la voix intérieure (ou extérieure) qui tue les instincts, la curiosité, la liberté, et qui maintient la fe...

Femmes qui courent avec les loups #1

  Voici un résumé du chap 1 de Clarissa Pinkola Estés  La Loba : La Femme Sauvage qui ramasse les os 🔹 Le conte : La Loba (ou La Louve) Clarissa Pinkola Estés raconte la légende de La Loba, une vieille femme sauvage, recluse dans le désert.  Elle ramasse les os d’animaux morts, en particulier ceux des loups. Quand elle a rassemblé un squelette complet, elle chante sur les os.  Alors, la chair et la peau se reforment, et la créature reprend vie, courant de nouveau libre dans le désert. Parfois, au cours du chant, la louve se transforme en femme riante, dansante, libre — puis disparaît dans l’horizon. 🔹 Sens symbolique du conte 1. La Loba, gardienne de la vie instinctive La Loba représente l’archétype de la Femme Sauvage, cette dimension instinctuelle, intuitive et indestructible du féminin.  Elle n’est pas “sauvage” au sens d’animal brut, mais au sens de libre, enracinée dans la nature et dans le cycle vie-mort-vie. Elle vit en dehors des normes, dans un désert...

Notre cinéma intérieur

 Résumé du livre « Le Cinéma intérieur : Projection privée au cœur de la conscience » de Naccache. (neurologue) Notre esprit fonctionne comme un « cinéma intérieur » : dès que nous percevons, imaginons ou pensons, notre cerveau construit des fictions — des interprétations subjectives — qui donnent du sens à nos expériences. Ces fictions ne sont pas accessoires : elles sont constitutives de notre conscience. comment ces fictions émergent, comment elles façonnent notre représentation du monde et de nous-mêmes ? Comment la conscience résulte de ce tissage entre le cerveau et l’expérience subjective.   1.        Création de sens L’homme est un « créateur de fictions » : il ne se contente pas de subir le monde, il le façonne mentalement, il lui donne sens   2.        Similitudes avec le cinéma Le livre utilise la métaphore du cinéma — projections, montage, montage invisible, caméra, spectateur — pour illustrer le fonctionnement inter...

Le Wu Wei ou l'action sans effort

Le wu wei (無為) est une notion centrale du taoïsme, souvent mal comprise comme une « inaction », alors qu’en réalité elle signifie action sans effort, sans contrainte, en accord avec le flux naturel des choses.  Voyons  ses implications concrètes, à la fois existentielles, psychologiques et pratiques. 🌿 1. Dans la vie quotidienne Le wu wei invite à cesser de forcer les choses. Cela ne veut pas dire « ne rien faire », mais agir au moment juste, de la bonne manière, sans résistance intérieure.  Concrètement : Tu laisses venir les solutions au lieu de les fabriquer de force. Tu choisis le bon moment pour agir — quand la situation est mûre, pas quand ton mental veut précipiter. Tu te fies davantage à l’intuition, à la perception directe, qu’à la planification rigide. Exemple : Tu veux convaincre quelqu’un. En wu wei, tu écoutes, tu sens quand parler et quand te taire. Tu n’imposes pas ton idée — tu la laisses émerger naturellement dans l’échange. 🧘‍♂️ 2. Sur le plan intérieu...

Retrouver notre côté sauvage

Exercices pour éveiller notre côté sauvage. Sauvage n'est pas ici l'opposé du civilisé mais plutôt notre nature primordiale/authentique qui peut être féroce et douce à la fois. Inspiré du livre "femmes qui courent avec les loups" 1. L'exercice du "Non instinctif" Pendant une semaine, dites NON à une chose chaque jour qui ne vous convient pas vraiment, même si c'est petit. Un café qu'on ne veut pas, une sortie par obligation, un compliment qu'on s'apprêtait à faire par politesse. Observez ce que vous ressentez dans votre corps quand vous posez cette limite. 2. Le rituel de la tanière Créez-vous un espace rien qu'à vous dans votre logement - même un coin, un fauteuil. Interdisez-y toute intrusion pendant 30 minutes par jour. Pas de téléphone, pas d'obligations. Juste vous. Respirez, rêvassez, ne faites "rien de productif". 3. La marche sauvage Allez marcher seule dans la nature (forêt, parc) sans musique ni podcast. Touche...